William Castañeda Esteban
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Église du Jubilé: Le temple de lumière…!!

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Avec un style minimaliste très caractéristique de Richard Meier, cet architecte américain a conçu l’église du Jubilé, également connue sous le nom d’«Église de Dieu le Père miséricordieux», située à Rome (ITALIE). Cette église s’inscrit dans le cadre de l’initiative de l’église catholique visant à commémorer le Jubilé de l’an 2000.

Comme on pouvait s’y attendre, Meier a imprégné cette réalisation architecturale d’éléments très caractéristiques de son style: la couleur blanche, synonyme de pureté et de clarté; le minimalisme aux lignes bien marquées et simples; la lumière naturelle qui inonde généreusement l’intérieur, un concept emprunté aux anciennes cathédrales gothiques; l’utilisation prédominante de plans et d’ouvertures qui permettent un éclairage zénithal et une géométrie pure et épurée ; mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait pas une richesse d’éléments… bien au contraire, s’il y a bien une chose qui caractérise l’architecture de Richard Meier, c’est la création d’éléments à visée compositionnelle; de plus, le symbolisme le conduit vers le minimalisme, mais il le fait de telle manière qu’il en extrait l’essence même du symbole.

Table des matières

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Coordonnées

Architecte: RICHARD MEIER
Emplacement:
Rome (ITALIE)
Style:
Minimalisme
Date:
2003
Église du Jubilé (Jubilee Church)
Piazza Largo Terzo Millennio 8, Rome RM, 00155, Italie
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William Castañeda Esteban à l'église du Jubilé (Shanghai - CHINE) "Photo de wcasest"
Église du Jubilé (Rome - ITALIE) William Castañeda Esteban

Cet ouvrage architectural illustre bien l’évolution de l’architecture, car il reprend le concept fondamental de l’église tout en le rendant intemporel… L’église en tant que telle ne doit pas nécessairement avoir une forme préétablie ni se conformer à des paramètres précis.
Le concept de l’église est celui d’un «rassemblement autour de la religion»; à cette fin, on crée des conditions architecturales permettant de s’adapter à ce concept ; puis on y ajoute des éléments qui complètent cette fonction et renforcent son caractère religieux.

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Composition Volumétrique

Église du Jubilé (Rome - ITALIE) - Vue isométrique en coupe «Courtoisie de Natalia Andrade Navarro»
Église du Jubilé (Rome - ITALIE) - Vue isométrique en coupe «Courtoisie de Natalia Andrade Navarro»

L’église

Elle se compose d’une nef principale et d’une nef latérale; ce qui frappe le plus, ce sont ses trois coques en béton destinées à symboliser la «Sainte Trinité»… Il s’agit de sections d’une sphère, mais bien qu’elles semblent concentriques… en réalité, elles ne le sont pas, car leur centre est décalé, ce qui est fait exprès pour que l’écart entre les trois coques soit plus grand du côté de l’entrée principale qui donne sur la place, invitant ainsi à l’accueil des fidèles.
Ces dilatations sont reliées par d’immenses baies vitrées qui inondent l’intérieur de lumière naturelle. Au sein de ce minimalisme se trouvent tous les éléments fondamentaux d’une église catholique.

Le chœur

Ce n’est pas un chœur destiné à être admiré de loin, mais à être habité en silence. Il rejette l’ornement, mais pas l’émotion; il fait de la lumière son unique décoration; et il transforme le béton et le travertin en vecteurs de transcendance. C’est l’un des espaces sacrés les plus émouvants du XXIe siècle.

Le maître-autel

Il s’agit d’une table en travertin romain d’un blanc chaleureux, de forme ovale. Elle repose sur un piètement en acier inoxydable dissimulé qui donne l’impression qu’elle est suspendue au-dessus du sol. Meier a voulu que l’autel soit un bloc épuré, rappelant la pierre du sacrifice, mais débarrassé de tout excès baroque.

Le retable

Simple mais assez explicite, il s’agit d’une représentation de Jésus s’inscrivant dans les lignes conceptuelles qui structurent l’église et s’inspirent de la Sainte Trinité ; en outre, dans sa partie supérieure, on trouve le Saint-Esprit au sein d’une étoile de David.

Crucifix d’autel

Située au-dessus du retable et fixée à une petite corniche, elle donne l’impression de léviter devant une figure cubique dont la projection est décentrée et qui symbolise l’infini ainsi que l’ascension ou la descente vers le ciel.

Le confessionnal

Il s’agit d’un volume rectangulaire abritant trois mini-salles, qui se distingue par l’utilisation de lattes de bois verticales sur l’une de ses façades, créant ainsi une atmosphère intime tout en mettant en valeur le contraste entre les matériaux et les couleurs qui composent son architecture.

L’orgue

Situé au-dessus de l’entrée principale, à l’opposé du maître-autel, il s’agit d’un élément architectural à double hauteur, composé de plans blancs où le vide prédomine sur le plein, ce qui contraste avec le gris métallique des tuyaux de l’orgue.

Fonts baptismaux

Conformes aux principes fondamentaux du christianisme, il s’agit d’un prisme rectangulaire présentant une concavité sur sa face supérieure, qui repose sur un espace déprimé recueillant l’eau s’écoulant de la fontaine. Réalisés en marbre travertin, ils se trouvent dans la nef latérale, près de l’entrée principale.

Chemin de croix

Situé sur le côté droit de la nef centrale, juste après l’entrée, il s’agit d’une série de petites images rectangulaires. En général, le chemin de croix comprend 14 stations représentant la Passion du Christ, mais dans cette église, une station supplémentaire a été ajoutée pour représenter «La Résurrection».

La nef centrale

Elle ne ressemble à aucune autre. Pas de colonnades, pas de voûtes, pas de vitraux représentant des saints. Mais il y a quelque chose de bien plus précieux : un espace lumineux et modulable, où le fidèle se sent accueilli sans se sentir écrasé. Richard Meier a réussi à faire en sorte que marcher vers l’autel ne soit pas un acte de soumission, mais une promenade vers la lumière.

Nef latérale

On entend par «Nef latérale» l’espace délimité par les première et troisième arcades, ainsi que par le confessionnal qui flanquent l’axe principal. Il s’agit en réalité d’une chapelle ouverte qui s’intègre visuellement et acoustiquement à la nef centrale et qui est dédiée à la «Vierge Marie».

Hall d’entrée

La porte d’entrée se cache timidement sous un faux plafond en treillis de béton, conçu pour offrir un abri et créer un filtre entre l’extérieur et l’intérieur grâce à une double porte assurant l’isolation thermique et acoustique. Elle est totalement éclipsée par l’immensité de la baie vitrée qui la surplombe.

Le clocher

C’est une structure verticale qui abrite cinq cloches munies d’un joug, toutes de taille différente et disposées de la plus petite à la plus grande, de haut en bas. Le clocher est séparé de l’église et se trouve sur la façade principale, mais il fait partie de la maison paroissiale.

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La maison paroissiale

C’est un bâtiment à double fonction: à la fois semi-public et privé, il fait partie de l’ensemble de l’église du Jubilé. Sur le plan architectural, il complète la fonction de cette église; il s’agit d’un bâtiment multifonctionnel qui abrite différents espaces et fonctions, parmi lesquels on peut citer:

  • Niveau -1: Entrepôt, archives, toilettes, centre communautaire, local technique, cour centrale, salle polyvalente.
  • Niveau 0: Salles de classe, salles de réunion, salles disponibles et toilettes.
  • Niveau 1: Bureaux du clergé, salle de réunion, bureaux et toilettes.
  • Niveau 2: Cuisine, salle à manger, buanderie, chambres du clergé avec salle de bains privative, chambre disponible, archives et accès au clocher.

Sur le plan volumétrique, il s’agit d’un ensemble complexe de volumes prismatiques et de plans sans composition claire, mais cela n’enlève rien à son excellence, car l’objectif est de compléter le volume de l’église sans entrer en rivalité avec elle.

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Composition planimétrique

L’église du Jubilé présente un schéma architectural radicalement novateur qui rompt avec le plan basilical traditionnel en croix latine. Trois segments de cercle de rayons et de hauteurs différents, en forme de conques, définissent le plan:

  • Grande coquille: son centre géométrique est décalé vers l’ouest, créant une courbe qui protège l’autel.
  • Coquille moyenne: elle abrite la chapelle baptismale.
  • Petite coquille: elle abrite la chapelle du tabernacle et de la pénitence.

Les trois coquilles ne se touchent pas. Elles laissent entre elles des ouvertures vitrées qui relient visuellement l’intérieur à l’extérieur. En plan, ces ouvertures apparaissent comme trois grandes dents de scie inversées.
La planimétrie de l’église du Jubilé est un manifeste de l’architecture blanche de Richard Meier, « peut-être son œuvre la plus emblématique »: trois coques comme seuls murs porteurs, en l’absence de piliers. Cette organisation crée un espace continu, baigné par la lumière zénithale et latérale, où chaque élément (autel, fonts baptismaux, tabernacle) occupe une place précise, sans hiérarchie. Le tracé géométrique, d’apparence simple, cache une étude minutieuse des rayons, des ellipses et des proportions qui transforment le béton en une extension du paysage romain.

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Asymétrie

L’église du Jubilé est un édifice qui, sous son apparence minimaliste, recèle une conception complexe, riche en composition, marquée par une asymétrie totale tant au niveau des élévations, des plans, des hauteurs que de son volume global. C’est cette richesse conceptuelle qui en a fait une référence parmi les édifices religieux du nouveau millénaire, où les concepts sont mis en avant sans pour autant tomber dans le littéralisme de la forme.

REMERCIEMENTS !!
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Liens

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Conclusion

L’église du Jubilé est bien plus qu’un simple édifice religieux. Elle témoigne du fait que l’architecture sacrée peut être moderne, rationnelle et profondément spirituelle.
Richard Meier n’a pas construit une nef gothique ni une coupole de la Renaissance : il a érigé trois coques en béton qui dialoguent avec la lumière romaine et le silence intérieur.
Si jamais tu te rends à Rome, ne te limites pas à visiter le Vatican historique. Va à la découverte de ce petit bijou blanc à Tor Tre Teste. Une expérience qui changera ta façon de comprendre l’espace sacré.

William Castañeda Esteban

William Castañeda Esteban

Architecte

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